Auschwitz, le 24 juillet 1943
Je m'appellerai Klaus. En d'autres temps ou il aurait ete plus leger a porter, j'ai le lourd fardeau d'annees egal a celui de mes doigts de pieds et de mains, Qu'est-ce que je viens encore de faire? Je l'ai encore fait ! J'ai encore ouvert cette porte et l'ai refermee sur des centaines de peaux amincies par l'abus. C'etait qui, cette femme aux yeux de supplique? C'etait qui, cette enfant aux yeux de ne pas savoir? C'etait qui, cet homme aux yeux de trop savoir? Qui sont-ils/elles tous/toutes? Qui etaient-ils/elles tous/toutes? Trop tard pour apprendre.
Je ne sais presque rien de celui d'ou exhalent les ordres. Je crois qu'il s'appelle Rodolphe. Ou est-ce Adolphe? Mon compagnon d'uniforme, de l'autre cote de cette chambre a cyclone, que sait-il de moi? Moi j'ouvre la porte par quoi tout commence, lui l'ouvre quand tout es fini. Qui a le plus "beau" travail qui rend libre? On ferme tout ce qu'on a de sentiment, yeux et coeur y compris. Lui, de l'autre cote, pense-t-il comme moi qu'il faudrait qu'un jour on dise non, qu'on cesse cela, qu'on lache vite. Sans doute ne le ferons-nous jamais par peur de nous retrouver a notre tour de l'autre cote de ces portes. La peur de la mort, vous savez, ca justifie bien des croyances.
Tiens, on annonce l'arrivee d'un nouveau train en cargaison de squelettes. Scheiss! Qu'est-ce que je fais, je dis non? Ah et puis, schnell! A l'ouvrage.

2 Commentaires:
Suis-je donc la seule à me balader ici ?
Rien pour faire rire aujourd'hui, certainement, plutôt des frissons dans le dos...et un sentiment désagréable d'impuissance et de culpabilité peut-être, même si nous n'étions pas de ce monde à cette époque et ne pouvions donc rien pour ces gens...
Bonne suite d'errance ami gitan !
moi xx
La météo s'annonce moche à Budapest en fin de semaine...Dommage !
Mes amitiés à Anna !
moi xx
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