iGitan

dimanche, avril 29, 2007


Varsovie, le 23 juillet 1942

Je m'appellerai Gila. Peut-etre j'etais un garcon, peut-etre j'etais une fille. En tous cas, c'est un des deux. Je ne savais pas compter, mais je crois que mon age se comptait sur les doigts d'une main, peut-etre de deux mains. En tous cas, pas plus que deux et, de toutes facons, c'est tout ce que j'ai, de mains. C'etait chaleur et soleil, je crois. On m'avait enveloppe de centaines de grandes personnes ensardinees dans un chariot qu'on aurait dit a betail. C'etait a Umschalgplatz. C'etait peut-etre la main de ma mere que je tenais. C'etait peut-etre la main de mon pere que je tenais. En tous cas, un des deux, j'espere. Peut-etre aucun des deux, je crains. De ma basse grandeur, c'etait difficile de voir les visages des grands, je ne voyais que des genoux et des cuisses. Puis il y eut du bruit. Je ne sais si ce sont les ebranlements du chariot qui part ou des humains entasses qui crient. Surement ce sont les deux. Je tremble en tous cas. Je ne me souviens d'aucune musique dans ma tete. Chopin ne se jouait pas ce jour-la. Juste le bruit de l'ecroulement de mes grands espoirs de petit, juste le bruit de l'ecroulement des petits espoirs des grands. En tous cas, des deux. Puis apres, je ne sais plus. Qu'est-ce que ca sent? Rien, je crois, puis on aurait dit une odeur de chair qui roussit. Puis plus rien. J'aurais pu etre un temoin vivant parlant de mon temps de 1942, je ne suis qu'un temoin mort silencieux chuchotant de son temps de 1942. Peut-etre les deux. J'aurais tant aime marcher, courir et voler, peut-etre les trois. On m'avait parle que j'irais au paradis ou en enfer. Peut-etre les deux. Passer par l'enfer pour aller au paradis. Peut-etre les deux, peut-etre aucun des deux. Mais bon, la Vie, la mort. C'est toujours un peu des deux.

samedi, avril 28, 2007


Varsovie, Pologne, samedi 28 avril 2007

Bon me voila. Vous pouvez etre sur que je n'aurai pas d'accent, ni francais, ni polonais, ni hongrois, ni norvegien, en revenant de ce voyage. D'ailleurs, meme ce clavier n'a pas d'accent, ou peut-etre que oui, mais le bruit du samedi soir dans ce cafe Internet du Rynek Starego ne m'invite pas tellement a rechercher longtemps. Alors faut faire sans les accents et lire comme vous pouvez.

Bref, je ne reviens pas pour l'instant sur les 2 semaines en France, trop de choses a ecrire et le bruit enterre presque mes pensees, alors je me depeche.

Alors donc, Esther est rentree, sauve et saine, le jeudi 26 avril. Et moi je suis ici a Varsovie, depuis vendredi le 27 avril 2007. Le premier choc est un peu brutal, mais la premiere vue sur la place Rynek Starego me concilie une fois pour toute avec Varsovie. Et qui plus est, l'appartement que j'ai loue a, comme on dit, "pignon sur rue" sur cette magnifique place et, de ma chambre, j'ai une belle vue sur la Vistule. Les facades de cette place, dite "vieille" mais en fait, reconstruite de toutes pieces (en preservant l'architecture originale) apres sa destruction quasi-totale en certaines sombres annees connues sous 39-45. Les facades sont si belles et propres qu'on en dirait des "trompe l'oeil".

Premiere demarche importante aujourd'hui: ne pas me faire faire par la PKP le coup de la SNCF (je raconterai un autre jour) et j'ai vite deja reserve mon billet pour Cracovie (30 avril) et pour Budapest (4 mai). Et aujourd'hui j'ai marche le marathon, des tonnes d'asphalte et des milliers de paves sont passees sous mes chaussures. Comme cela ne saurait surprendre personne, il y a un certain Jean-Paul qui placarde les nombreuses eglises ici. J'ai vraiment la tete trop pleine, a la fois des images du jour et du bruit ambiant, pour poursuivre plus longuement ce bavardage. Demain, je visite les quelques centaines de milliers de Juifs sortis de leur ghetto pour un monde peut-etre pas meilleur ou peut-etre que oui. Je l'sais-tu, moe.

A suivre
gt

jeudi, avril 19, 2007


Jeudi 19 avril 2007 22h50

France-Suisse-France...
Bon, je sais, je n'ai pas été plus bavard quue je ne l'avais promis. Tout va si vite. Il fait ici un temps ESTIVAL, que du soleil et pas une goutte de pluie depuis une semaine, des thermomètres qui se montent jusqu'à 20-26 degrés. Paris toujours Paris, Brest qu'on a loupé, Beaune en Bourgogne, superbe. Annecy et son superbe lac. Genéve et tout ceci-cela. Je reviens un jour ici pour plus de détails. On part demain à l'aube pour Bourbach-le-Haut en Alsace. Dites-vous bien que si je n'écris pas plus, ce ne peut être que bon signe...

gt

mardi, avril 10, 2007


L'Ancienne-Lorette, Québec, mardi 10 avril 2007, 9h33

Eh oui, un autre départ! Aussi cliché que cela puisse faire, ne dirait-on pas, à chaque départ, que c'est le premier? Un peu comme chaque nouveau jour qui se lève sur nous. Je ne me souviens plus qui disait que "le bonheur, c'est comme son lit, faut le refaire tous les matins!". Et en fait, ce lit, il n'est jamais tout à fait bien fait (usage répétitif de "fait" dans une même phrase, hum). Bref, dans 12 heures exactement, si la ponctualité québécoise se fait suisse, on est dans l'avion sur le vol 210 d'Air Transat, au départ de Montréal et en direction de Paris.

L'itinéraire nous est à peu près connu (à moins d'un détournement d'avion vers Vanuatu...): arrivée à Paris mercredi 11 avril 2007 à 10h10. Quelques jours dans la lumineuse ville, train vers Brest, y voir le pays des ancêtres Tanguy et Bourgault et amie brestoise. Puis traversée d'Ouest en Est de la France, vers Annecy et aux portes de Genève. Encore des ami(e)s à rencontrer par là. Puis heureuses errances en Alsace. Et, bien sûr, un petit coup de nostalgie en passant par Bâle, lieu de mes deux années helvétiques entre juin 1997 et juin 1999. Revoir le Rhin et y flâner de nouveau après presque 10 ans! Puis remontée vers la Moselle et enfin retour sur Paris. Esther rentre seule à Montréal le 26 avril 2007. Je ne la quitte qu'en la voyant monter dans l'avion.

Puis je repars, seul, pour deux autres semaines. D'abord la Pologne: du 27 au 30 avril, Varsovie. Du 30 avril au 4 mai, Cracovie (c'est quoi, l'idée macabre de vouloir aller voir Auschwitz). Puis un petit saut en Hongrie: du 4 au 7 mai, Budapest. Et enfin, un autre petit saut en Norvège, vers Oslo et le Oslofjord. Retour sur Paris le 11 mai et enfin sur Québec le samedi 12 mai.

Comme j'avais fait l'an dernier pour le Chili et l'Argentine, je vais ici ajouter de temps en temps quelques commentaires de voyage, de manière bien paresseuse à m'éviter d'écrire des courriels au Nord et au Sud ou d'Est en Ouest. Pas plus que l'an passé, je ne garantis de ma fidélité et de ma régularité à venir ici. Je préférerai sûrement porter mes regards sur le Rhin, la Vistule, le Danube, plutôt que sur un écran d'ordinateur. Enfin, à un prochain message. Ne me souhaitez pas un bon voyage, je me le suis déjà fait dans ma tête.

gt

mercredi, avril 04, 2007

EUROPE 2007 - À VENIR