iGitan

dimanche, juin 04, 2006


L'Ancienne-Lorette (Québec) dimanche 4 juin 2006 - 17h37

Le silence est une denrée rare à Buenos-Aires. Je pense que ce que j'ai eu le plus de plaisir à retrouver à mon retour, c'est le silence (après l'Amour, bien sûr...). Ce silence que je ne parvenais qu'à simuler, camouflé derrière des bouchons d'oreilles la nuit... Souvent à Buenos-Aires (et Santiago aussi), je me suis pris à m'étonner, à me désoler presque, de penser que certaines personnes (qui vivent en ville et n'en sortent que peu) ne connaissent pratiquement jamais le silence. Je pense à l'humble et modeste Nelly, avec son sourire édenté, qui me servait son café infect, mais avec une gentillesse qui le rendait buvable. Je pense à ce vendeur de magazines qui fume à l'angle de deux rues achalandées et à l'air irrespirable; je ne lui ai jamais parlé, sauf pour acheter un paquet de mouchoirs pour vider mon nez et mes poumons des "invasions barbares" qui les polluaient. Je pense à tous ces gens qui vivent à Buenos-Aires où jamais n'arrêtent les bruits de la rue, où jamais ne s'étouffent les odeurs de la rue, etc... Je pense que, malgré tout, il y a de bons airs à Buenos-Aires, que les gens sont gentils, que les filles sont belles (évidemment!), que l'histoire y déborde par toutes ses rues et avenues immenses, que l'ombre (non, pas l'ombre... la lumière) d'Eva Perón enveloppe la ville. Je pense à Ruben qui m'a invité à souper avant même de m'avoir rencontré. Je pense, je pense, je pense... quand je reviens de voyages, je pense longtemps...

Bref, le retour s'est produit aux heures prévues, même pas d'attentes autres que celles prévues, même pas de crash (ce qui fait que mon compte de décollages et atterrissages (122) est encore égal...) Je suis rentré à Québec, samedi 3 juin 2006, à 10h30. Le silence et la solitude m'attendaient à l'aéroport. Toujours un peu étourdi par un retour, je ne sais jamais trop si c'est tout de tristesse des retours ou tout de joies des arrivées. En ce moment, je me réjouis d'être ici à sentir le vent que je n'ai pratiquement pas senti depuis 1 mois. Je me réjouis d'être ici et en même temps, je pense aux gens rencontrés là-bas et j'endurerais bien encore un peu de "contaminación" (pollution) pour les revoir. J'ai commencé un message, une fois, en écrivant "Je me demande comment il se fait que la Terre n'est pas encore morte". Ça me tente pas encore de développer, mais j'ai le sentiment que, elle aussi comme tout être vivant, a l'instinct de conservation et a peur de mourir et ne veut pas mourir et fait tout pour rester en Vie. Bref, que vive la Terre "Que viva la Tierra!".

J'aurais tellement de choses à écrire encore. Je ne sais pas si je les écrirai ici. Pourquoi pas? Bref, merci à ceux/celles qui m'ont lu et laissé des commentaires. Je reviens bientôt poster quelques photos. À suivre, à survivre...

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jeudi, juin 01, 2006

Jeudi 1er juin 2006 8h48

Incroyable, c´est mon dernier jour de cours ici aujourd´hui. Demain je fais l´école buissonniere. En fait, ce soir je vais au restaurant avec Ruben et Nora et ils passent me prendre a 21h (ici on mange la nuit, presque). Et comme ce sont de joyeux lurons et comme ce sera mon dernier soir a Buenos-Aires, ca risque de se terminer demain. Alors demain, je dors, je fais mon bagage et je vais a l´aéroport.

Hier, visite tres intéressante et touchant au Museo Evita, sur la Vie de Eva Duarte Perón. Vraiment trés intéressant. C´est fou ce que certaines personnes peuvent réussir a faire en une courte Vie. Décédée d´un cancer a 33 ans, elle avait déja reussi a obtenir le droit de vote des femmes en Argentine (avant l´Europe je crois), créé une Fondation Perón pour venir en aide aux gens qu´elle appelait Los Descamisados (les sans-chemises), les humbles, les pauvres, les enfants.. Créé une école pour infirmiéres, fait promulger une espece de charte des droits et libertés, instauré des camps de vacances pour les enfants... Bref, le plus insolite de cette visite, c´est la narration des pérégrinations de sa dépouille mortelle! Morte en juillet 1952, son corps a été momifié (si j´ai bien compris l´espagnol), puis transporté d´un lieu a un autre, enterré sous un faux nom a Milan, passé par Madrid et finalement rapatrié dans le caveau familial (Cimetiere Recoleta ou je suis alle aussi) en 1976!

J´ai peu parlé de ma Vie en famille ici. Si a Santiage les soirées avec Pedro et Lidia étaient plutöt calmes, télévision et baragouinage en Espagnol avec mes hötes, ici c´est vraiment la Vie de famille. Un soir j´ai eu l´occasion d´ëtre présent a une féte d´enfants. On était 16 dans la petite cuisine, et yavait de la place pour la fumée... Un autre soir, souper seul avec Nelly que j´ai bien de la peine a comprendre, tant elle parle vite et mäche ses mots avec les dents qu´elle n´a pas! Hier soir, avec les adolescentes Erika et Victoria, j´ai eu l´occasion de donner un cours de francais en espagnol! Erika étudie le francais a l´école et elle avait des questions pour moi car elle éprouve des problemes avec les verbes francais. Tiens donc! On est quitte!

Bref, je termine, sinon je devrai écrire 100 fois Nunca más voy a llegar al curso con retraso.
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